Importer dans EVORA : formats supportés et préparation

En bref

  • Près de 8 fichiers sur 10 rejetés à l’import d’un outil créatif le sont pour une résolution ou un profil couleur inadapté, pas pour un mauvais format.
  • Maîtriser les formats d’import EVORA vous évite les allers-retours de validation et les moodboards délavés face au client.
  • Ce guide fixe les seuils exacts : taille max, résolution cible, profils colorimétriques et logique de compression pour chaque type de visuel.

Il est 22 h, vous bouclez le moodboard d’un pitch pour une banque régionale. Vous glissez le visuel hero dans EVORA pour importer dans EVORA vos planches finales — et le logo doré vire au moutarde, les dégradés se strient, le PDF de charte refuse de s’ouvrir. Demain 9 h, la présentation passe devant le comité marketing. Cette scène, tout event manager la connaît : la création est bonne, c’est la préparation technique du fichier qui la trahit.

La bonne nouvelle : rien de fatal. Chaque incident d’import répond à une cause précise — mauvais profil couleur, poids excessif, résolution inadaptée à l’usage. Ce guide passe en revue tous les formats supportés par EVORA et les règles de préparation à appliquer avant de cliquer sur « importer », pour que vos moodboards s’affichent exactement comme vous les avez conçus.

Les formats images supportés par EVORA et quand les utiliser

Un moodboard n’est jamais composé d’un seul type de fichier. Vous mêlez photos d’ambiance, logos de marque, textures, captures de référence et parfois éléments vectoriels. Chaque usage impose son format optimal. Confondre les deux logiques — image matricielle et image vectorielle — est la première source d’erreur à l’import.

Selon le State of Marketing de HubSpot, le contenu visuel reste le format le plus produit par les équipes marketing, ce qui multiplie mécaniquement les fichiers à intégrer dans un même projet. D’où l’intérêt de fixer des règles claires par type de visuel.

Formats matriciels : JPEG, PNG, WebP

  • JPEG (.jpg) : votre format par défaut pour toute photographie — ambiances de salle, portraits, prises de vue événementielles. Compression avec perte, poids maîtrisé. À réserver aux images sans transparence.
  • PNG (.png) : incontournable pour les logos, pictogrammes et tout visuel nécessitant un fond transparent. Le logo MTN sur fond de scène, par exemple, doit impérativement être un PNG détouré, jamais un JPEG (qui plaquerait un fond blanc disgracieux).
  • WebP (.webp) : le meilleur compromis poids/qualité aujourd’hui, jusqu’à 30 % plus léger qu’un JPEG équivalent. À privilégier pour alléger un moodboard chargé sans sacrifier le rendu à l’écran.

Règle simple : photo = JPEG ou WebP ; élément à fond transparent = PNG.

Formats vectoriels et documents : SVG, PDF

  • SVG (.svg) : le format roi pour les logos vectoriels et les pictogrammes. Il ne pixellise jamais, quel que soit l’agrandissement. Un logo Orange en SVG restera net qu’il occupe un coin de planche ou plein écran en projection.
  • PDF (.pdf) : utile pour importer une charte graphique complète ou un document de référence multi-pages. Attention : un PDF destiné à l’impression contient souvent des couleurs en CMJN — la cause n°1 des couleurs délavées à l’écran.

Quand vous récupérez un logo auprès d’une direction de marque, exigez toujours la version SVG ou PNG haute définition. Un logo extrait d’une signature d’e-mail ou d’un site web finit systématiquement pixellisé en projection.

Three men engaged in a collaborative meeting in a contemporary office setting with a whiteboard.

Photo : PNW Production / Pexels

Taille max, résolution et poids : les seuils à respecter

Le poids et la résolution sont les deux paramètres qui font échouer le plus d’imports. Une étude de Event Manager Blog (Julius Solaris) rappelle que les outils collaboratifs événementiels privilégient désormais la fluidité d’affichage : un fichier trop lourd ralentit le chargement d’une planche partagée avec un client à Douala comme à Abidjan, sur des connexions inégales.

Le contexte africain rend ce point critique. Le Nielsen Consumer & Media View Africa documente une consultation majoritairement mobile des contenus, souvent en réseau contraint. Un moodboard de 80 Mo devient inutilisable en visioconférence avec un annonceur régional. L’optimisation n’est pas cosmétique : elle conditionne la démonstration commerciale.

Les seuils recommandés à l’import

  • Poids par fichier : visez sous les 5 Mo par image. Au-delà, compressez systématiquement avant l’import.
  • Résolution écran : 72 à 150 dpi suffisent largement pour un moodboard destiné à l’affichage et à la projection. Le 300 dpi ne se justifie que pour l’impression — il alourdit inutilement un fichier voué à l’écran.
  • Dimensions en pixels : une largeur de 1920 à 2560 px couvre la quasi-totalité des usages de présentation. Inutile d’importer un visuel de 8000 px de large qui sera affiché sur une planche de 600 px.
  • Logos : privilégiez le SVG (poids négligeable, netteté infinie) ou un PNG à 1000 px minimum sur le plus grand côté.

Le bon réflexe : dimensionner selon l’usage final

La question à se poser avant chaque import : ce visuel sera-t-il vu à l’écran, projeté, ou imprimé ? Un moodboard partagé en ligne n’a besoin ni de la résolution ni du poids d’un fichier d’impression. Redimensionner en amont — plutôt que d’importer le fichier source brut sorti de l’appareil photo — divise souvent le poids d’une planche par cinq sans aucune perte visible.

Artistic layout of leather goods and fabric samples in a design workspace.

Photo : Yuliya Duzhaya / Pexels

Profils couleurs et optimisation : livrer un rendu fidèle

C’est le piège le plus insidieux : votre visuel est net, léger, au bon format — mais les couleurs ne correspondent pas à la charte de marque. La cause tient presque toujours au profil colorimétrique. Une couleur mal calibrée sur un logo de banque ou d’opérateur télécom n’est pas un détail : c’est une atteinte à l’identité que les directions marketing surveillent de près.

Le Kantar BrandZ documente année après année la valeur financière attachée à la cohérence des identités visuelles des grandes marques africaines. Un orange approximatif sur une planche destinée à Orange, ou un vert dérivé sur un visuel Nestlé, envoie immédiatement un signal d’amateurisme au décideur.

RVB pour l’écran, CMJN pour l’impression

La règle est binaire et sans exception :

  • RVB (sRGB) : le seul profil correct pour tout ce qui s’affiche à l’écran ou se projette. EVORA, comme tout outil d’affichage numérique, raisonne en RVB. Importez toujours vos images converties en sRGB.
  • CMJN : réservé exclusivement aux fichiers destinés à l’imprimeur. Un visuel CMJN affiché à l’écran perd de sa saturation et paraît délavé — c’est exactement ce qui arrive quand on importe un PDF de charte préparé pour l’impression.

Le réflexe : avant tout import, vérifiez que vos images sont en RVB / sRGB. Si un fichier vous parvient en CMJN (typique des exports print d’une agence de production), convertissez-le en amont dans votre logiciel d’édition.

Optimiser sans dégrader : la checklist de préparation

  • Convertir en sRGB systématiquement.
  • Redimensionner aux dimensions d’affichage réelles (pas plus de 2560 px de large sauf besoin spécifique).
  • Compresser en visant sous 5 Mo, en gardant une qualité JPEG autour de 80 % (au-delà, le gain de poids est nul ; en-deçà, les artefacts deviennent visibles).
  • Détourer les logos en PNG transparent ou récupérer le SVG.
  • Nommer les fichiers clairement (marque_usage_version) pour retrouver les bons éléments dans un projet chargé.

Ces cinq gestes, appliqués avant chaque import, éliminent la quasi-totalité des incidents. La donnée du CMO Survey de Deloitte le confirme : les équipes marketing les plus performantes sont celles qui standardisent leurs processus de production visuelle plutôt que de traiter chaque fichier au cas par cas.

Un exemple concret : lors de la préparation d’un événement pour une filiale d’opérateur télécom en Afrique de l’Ouest, une agence avait importé les visuels directement depuis les exports print CMJN de la charte. Résultat : un moodboard entier à retravailler la veille du pitch. Une conversion sRGB en amont aurait épargné une nuit blanche à l’équipe créative.

Pourquoi mon logo client s’affiche-t-il flou après import dans EVORA ?

Trois causes possibles, par ordre de fréquence. Premièrement, vous avez importé une version basse résolution — souvent un logo récupéré sur un site web ou une signature d’e-mail, plafonné à quelques centaines de pixels. Deuxièmement, vous avez utilisé un JPEG au lieu d’un fichier vectoriel : agrandi, il pixellise. Troisièmement, le fichier a été trop compressé. La solution durable : réclamez toujours le logo en SVG (vectoriel, netteté infinie) ou à défaut en PNG d’au moins 1000 px sur le grand côté. Pour une projection grand format, seul le SVG garantit un rendu impeccable quelle que soit la taille d’affichage.

Quel format choisir entre JPEG, PNG et WebP pour un moodboard ?

Raisonnez par usage. Pour une photographie d’ambiance sans transparence, le JPEG ou le WebP suffisent — le WebP étant plus léger à qualité égale, idéal pour alléger une planche chargée. Pour tout élément à fond transparent (logo détouré, picto, forme découpée), le PNG est obligatoire : le JPEG plaquerait un fond blanc. Pour un logo ou un pictogramme destiné à être redimensionné ou projeté, préférez le SVG vectoriel. Règle mnémotechnique : photo = JPEG/WebP, transparence = PNG, logo redimensionnable = SVG. Un moodboard bien préparé mélange généralement les trois selon la nature de chaque élément.

Mes couleurs sont différentes à l’écran de ce que j’avais validé : comment corriger ?

Dans 90 % des cas, votre fichier est en CMJN — le profil destiné à l’impression — au lieu de RVB / sRGB, le seul profil correct pour l’affichage numérique. Un visuel CMJN affiché à l’écran perd sa saturation et paraît délavé. Ouvrez le fichier dans votre logiciel d’édition, vérifiez le mode colorimétrique et convertissez-le en sRGB avant de le réimporter. Ce cas est fréquent avec les chartes graphiques et visuels fournis par les agences de production, qui exportent par défaut pour l’imprimeur. Prenez le réflexe de contrôler le profil de chaque fichier reçu de l’extérieur avant tout import.

Comment réduire le poids d’un moodboard sans perdre en qualité ?

Trois leviers cumulables. D’abord, redimensionnez vos images aux dimensions d’affichage réelles : un visuel de 2560 px de large couvre la quasi-totalité des besoins de présentation, inutile d’importer un fichier de 8000 px. Ensuite, compressez en JPEG à environ 80 % de qualité — le point d’équilibre au-delà duquel le gain de poids devient marginal et en-deçà duquel les artefacts apparaissent. Enfin, convertissez vos photos en WebP, jusqu’à 30 % plus léger qu’un JPEG équivalent. C’est déterminant en contexte africain, où une bonne partie des validations client se font en mobilité et sur des connexions variables. Un moodboard fluide se démontre en réunion sans latence.

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Sources

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